Photo du jour : Le coup de chaud est proche…

Photo du jour : Le coup de chaud est proche… – 10 mai 2003.

Mai 2003, les prémices de la canicule sont déjà là, il commence à faire chaud et sec.

Le printemps et l’été 2003 sont la période de grâce pour les X2800 des dépôts de Limoges et Clermont-Ferrand, ces derniers les diffusant sans retenue sur toutes les branches de leurs étoiles ferroviaires respectives.

Depuis quelques sorties photos, je me concentre sur une portion bien particulière de la ligne de Limoges à Ussel (tronçon Le Palais-sur-Vienne / Meymac, plus exactement) : Le long de la Vienne, entre Saint-Priest-Taurion et Saint-Léonard-de-Noblat.

Après avoir repéré une friche industrielle et son « EP », qui sera mise à profit pour plusieurs dizaines de photos, mon intérêt se porte pour un étroit mais cependant haut rocher, résultant du percement d’un couloir pour la ligne, entre cette dernière et la Vienne.

Après avoir effectué un premier repérage « à blanc », j’estime la hauteur du belvédère entre 6 et 7 mètres, l’escalade du promontoire est possible sans prendre de risques, cependant il faudra hisser le matériel ensuite.

Le sac à dos et le trépied sont donc harnachés ensemble et attendront que je sois au sommet pour me rejoindre. Une vilaine ronce s’étant découvert des atomes crochus avec la drisse que j’utilise, je vais m’y reprendre à deux fois, non sans avoir maudit – au passage – toutes les ronces de la création.

Jusqu’à ce que le doux souvenir de la gelée de mûres du plateau Bortois – faite maison – , me réconcilie avec l’épineux végétal…

Le roulement Ussel-Limoges de la mi-journée, après avoir croisé l’inverse à Châteauneuf-Bujaleuf, se présentera donc descendant vers moi, certainement à vive allure, mais cependant, le point de vue et le surplomb offerts par mon mirador improvisé ne laisseront pas beaucoup de place à l’improvisation.

Il fait chaud, après quelques minutes à ne plus bouger, je découvre que mon bout de rocher est colonisé par de gros lézards verts et que de grosses fourmis noires rendent visite au matériel posé à terre, tandis qu’un héron cendré s’emploie à réguler la population piscicole de la Vienne, quelques mètres plus bas.

La circulation a visiblement du retard… beaucoup de retard, je suis à deux doigts de prendre la décision de lever le camp quand, enfin, un bruit de moteur se fait entendre au bout de la vallée.

Alors ce sera quoi, X2800 ? X2200 ? Une BB66400 avec une XR6000, comme celle qui m’est passée sous le nez ici même sans que je n’ai eu le temps de la saisir ?

D’abord timide, le bruit va crescendo et je sais qu’un X2800 seul approche, mais qu’il ne sera pas orienté Poste 1 (il « pousse »).

Il sort de la courbe à faible allure et sans bruit, cran 2 ou 3 engagé tout au plus, coup de sifflet, les bandages tapent dans les joints de rails… « toudoummm, toudoummm… » et l’autorail en solo disparaît aussi sec.

J’ai eu le temps de reconnaître l’X2894 par deux points : grâce à son gros sticker rouge « Midi Pyrénées » sur le flanc du Poste 2, témoignant de son affectation précédente au dépôt de Toulouse; et par le « petit bruit en plus » – comme c’était le cas pour le X2872 – que produisait son MGO.

Comme bien des fois, j’ai presque oublié d’appuyer sur le déclencheur… ne pouvant me contenter d’un tel spectacle limité au seul cadrage de l’oeilleton de mon APN.

La photo, au final, correspond à ce que j’attendais, j’avais l’autorail, la ligne, la Vienne, un angle peu commun. Je me dis qu’un pêcheur sur sa barque, taquinant la perche sur le petit bout de Vienne, aurait été un « plus« .

Je plie le matériel, je le redescends précautionneusement, je prends à mon tour congés – prudemment – des lézards et des fourmis noires.

Ce que je ne savais pas encore, c’est que trois jours plus tard, le 13 mai 2003, l’X2894 serait réformé, déclaré H.S. suite à un grave incident moteur.

Je ne l’apprendrais qu’une 20aine de jours plus tard à l’occasion d’une assemblée générale entre ferroviphiles à Montluçon.

Marqué par l’anecdote, et saisissant au passage l’opportunité de rencontrer les représentant de Roco en France à l’époque (Regain-Galore), et puisque consulté pour l’occasion, je glissais alors le N° de l’autorail à mon interlocuteur, qui me demandait quelle numérotation je pensais opportune pour l’un de leurs nouveaux modèles à venir.

Quelques mois plus tard, le modèle réduit était produit…

Que ce soit pour l’été insolant et insolent qui s’annonçait, comme pour le destin de l’X2894, le coup de chaud était effectivement proche…

Autorail X2800 Saint-Priest Taurion

Le coup de chaud est proche… – 10 mai 2003.

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