Photo du jour : Une compo exceptionnelle pour un Brive-Clermont

Photo du jour : Une compo exceptionnelle pour un Brive-Clermont

Septembre 2003, après un été bien occupé à chasser l’X2800 sur le plateau de Millevaches pour immortaliser les aller-retour quotidiens entre Limoges et Ussel, je me tourne vers une belle circulation qui emploie de plus en plus, depuis quelques semaines (depuis la rentrée des classes, en fait) la liaison dominicale estudiantine entre Brive-la-Gaillarde et Clermont-Ferrand.

Même si entre Jaunards et Coujoux, c’est aussi sympathique d’entre la France et l’Angleterre (et pas seulement aux pieds des poteaux), de nombreux étudiants font la navette chaque semaine, les uns se dirigeants vers la Sous-Préfecture Corrézienne, les autres vers la Capitale Auvergnate.

Un loooong voyage du dimanche soir empruntant les gares et haltes de Brive-la-Gaillarde, Aubazine, Cornil, Tulle, Gare de Corrèze,  Egletons, Meymac (et ses deux gares !), Ussel, Eygurande-Merlines, Laqueuille, La Miouze, Pontgibaud, Volvic, Durtol, Royat-Chamalières, Clermont-Ferrand… j’en passe, et des meilleures !

Le départ se fait en fin de journée, et en cette fin du mois de septembre, la lumière est déjà bien basse quand la circulation s’extrait des vallées, notamment de celle de Tulle, où elle aura rebroussé vers Clermont après être arrivée de Brive (Tulle étant en cul-de-sac).

Sans prendre d’infos à Brive, je descends directement de Limoges à Gare-de-Corrèze, puisque les emprises sont totalement dégagées… sensées être dégagées !

Car arrivé sur place, horreur, un énorme tas de billes de bois barre la longue ligne droite où je comptais, au démarrage de la gare, saisir le convoi que je savais composé de façon hétéroclite chaque semaine : X2800 + remorque(s) XR Rouge(s) et/ou Bleue(s) et parfois d’X2200, généralement en compositions de 2-3 caisses.

Ce qui était sûr, c’est qu’un autorail serait devant, et l’autre derrière, afin d’assurer le rebroussement en gare de Tulle.

J’espére qu’un X2800 occupera la première place et… si possible, tourné Poste 1.

C’était cependant beaucoup demandé, connaissant l’aversion de la plupart des mécanos pour ce bruyant, étriqué, huileux et inconfortable poste de conduite.

Devant l’obstacle visuel qui anéantit toutes possibilités de prises de vue en gare, je remonte en voiture et je me dirige vers le petit pont de l’Autoroute A89 : des bâtiments industriels neufs enlèvent tout cachet à la scène.

Zou, demi-tour, je jette rapidement un oeil au guide Michelin et je repère un  PN (passage à niveau), pas trop mal orienté, sis en contrebas de la gare.

Le convoi sera en plein effort, car les courbes de niveau indiquent une rampe certaine.

Vu l’heure, plus trop le choix, je traverse à nouveau la localité, prudemment (la maréchaussée est régulièrement positionnée au rond-point), et j’arrive à ce PN.

La lumière est terriblement bonne, mais j’ai encore 15 bonnes minutes devant moi, j’arpente les lieu et je décide de me positionner (en sécurité), à la barrière réservée aux piétons.

La petite maison qui jouxte le PN est occupée, une dame vient s’enquérir du motif de ma présence. Je lui explique, et elle continue de vaquer à ses occupations.

Le cadre est  plutôt sympathique, cependant il y a un GROS problème en plein milieu du décor : un sapin d’environ 3 mètres de hauteur, au premier plan, qui risque de masquer une bonne partie du convoi.

Je n’ai guère d’autre choix que d’effectuer le travail des cantonniers : je dois me résoudre à « tailler » cet arbre.

Je demande gentiment à la dame si elle n’aurait pas une scie à me prêter, ce qu’elle fait sans problème.

Je m’occupe donc du sapin (vous en verrez le reliquat au premier plan de la photo), j’évacue les branches et tout en rendant la scie à sa propriétaire, je lui promet que si la photo est belle, je lui en offrirai une.

A peine suis-je l’oeil collé au viseur de mon boitier pour vérifier et étalonner ma luminosité que j’entends rugir à quelques centaines de mètres ce que j’identifie comme deux… non… TROIS, TROIS moteurs « plein pot ».

Et broooooom, brroooooooommm… titouuuum !

Le doute n’est pas permis, c’est une sacrée compo qui approche, je pense de suite à la compo de rêve : trois X2800 en UM, tournés Poste 1.

Je me campe sur les pieds et il arrive, le convoi déroule, déroule et je ne vois que du bleu !

Cinq caisses, il rugit et il est sur moi, j’appuie pour une rafale de 5 prises de vues.

Wow !

Ma première photo d’une compo 5 caisses aura été 100% bleue, 100% Poste 1 : X2800 + X2800 + XR + XR + X2800 !

Remis de mes émotions (genre kangourou stressé sous amphétamines), je consulte rapidement le résultat sur mon PC portable. Sur 5 photos, une seule est correctement cadrée, les deux premières n’ont pas l’autorail de queue, et sur les deux dernières, l’autorail de tête est tronqué.

Cependant, la cabine est bien éclairée, tout comme l’ensemble des bogies et la plus grand partie du convoi. On distingue bien la fumée d’échappement des trois moteurs M.G.O.

Comme l’on peut le voir avec l’ombre de la clôture sur la route, la lumière était vraiment rasante, quelques minutes de plus et c’était fini de cette ambiance.

Bien que le ciel ait été capturé un peu trop clair, je suis satisfait du résultat, vraiment.

En ce dimanche soir, je terminais la semaine sur une très belle note.

Fidèle à mes principes, quelques semaines plus tard je reviendrai sur les lieux pour offrir une copie 30×15 du cliché à la propriétaire de la scie, qui en sera ravie.

Photo du jour : Une compo exceptionnelle pour un Brive-Clermont – 21/09/2003