Photo du jour : les feuilles mortes s’envolent entre Masléon et Bujaleuf

Photo du jour : les feuilles mortes s’envolent entre Masléon et Bujaleuf

Nous sommes au mois de novembre 2003, j’ai posé quelques congés car les X2800 du dépôt de Limoges continuent d’être déployés plusieurs fois par jour sur de nombreuses circulations, soit vers Périgueux, soit vers Brive, soit vers Angoulême, soit vers Poitiers, soit vers Ussel et même, parfois… Montluçon !

Je décide d’approfondir ma connaissance de la ligne de Limoges à Ussel, plus précisément celle dite du « Palais-sur-Vienne » à « Meymac », en dénichant quelques jolis emplacements.

J’ai repéré quelques anciennes gares et haltes, notamment celle de St-Denis-des-Murs et celle de Farebout, que je compte exploiter un jour où l’autre.

Cependant, lors de mes repérages, j’ai découvert un petit pont sur la Vienne, niché dans la forêt, limitrophe  des communes de Masléon et de Bujaleuf.

Je me renseigne sur le roulement du jour et, par chance, deux X2800 vont se croiser à la mi-journée gare de Chateauneuf-Bujaleuf.

La proximité de ce petit pont sur la Vienne va donc m’offrir l’opportunité de tenter deux photos, l’une avec l’autorail descendant vers Meymac, et l’autre, avec l’autorail montant vers Limoges.

Je me mets en route avec plus d’une heure d’avance, car je ne connais pas l’endroit, et je souhaite évaluer le terrain pour sélectionner deux bons emplacements.

Arrivé sur place, point positif : le pont est encadré par deux tranchées creusées dans la roche, dont je vais mettre à profit les flancs pour me positionner légèrement en hauteur.

Je remarque que la voie est couverte de feuilles mortes, ce point de détail aura son importance plus tard.

Une fois mes deux emplacements repérés, je traverse le pont, et je remarque qu’il est particulièrement plus large que tous les autres de la ligne, comme s’il avait été prévu pour une double-voie ou bien pour un chemin non carrossable adjacent (ce détail est particulièrement bien visible sur la seconde photo).

J’ai bien tenté de me renseigner, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet.

L’heure du premier passage approche, je dois me tenir prêt car je n’ai aucun indicateur fiable : juste une estimation horaire, mais pas de P.N. à proximité et vu que je suis en forêt, le bruit du moteur ne se fera entendre que tardivement.

L’attente se fait un peu longue, l’autorail a du retard… j’en profite pour améliorer mes réglages, car c’est une belle journée.

Toudoum, toudoummm… le voilà, j’appuie, et hop il disparaît…

Bien, belle photo, je suis content du résultat, de plus il était orienté « Poste 1″… ce n’est qu’au visionnage sur le PC, de retour à la maison, que je remarquerai « l’envol » des feuilles mortes au passage de l’autorail. Le petit « plus » de la photo !

Egalement, je remarque que la porte de la cabine de conduite est restée ouverte.

Je ne perds pas de temps, car je sais que je n’ai qu’environ 10 minutes entre les deux passages.

Je descends de mon promontoire, je traverse le pont, et je me positionne de l’autre côté.

Je me rends compte que par rapport à mon repérage d’il y a une heure, le soleil a déjà tourné et que la cabine sera dans l’ombre… malheureusement.

Pas très grave, j’augmente mon temps d’ouverture, et puis j’ai déjà une belle photo dans la boîte.

De cet emplacement, on voit très bien la largeur augmentée du pont, je pense qu’il y aurait vraiment de quoi faire passer une seconde voie… quid, toujours à ce jour.

L’autorail n’est pas en retard, j’ai à peine terminé mon positionnement et mon réglage que hop… il sort de la courbe au fond de la tranchée en roulant sur l’ère, le mécano remettra quelques crans pour augmenter le régime moteur une fois le pont franchi, car un légère rampe s’amorce à cet endroit.

La photo est mi-figue mi-raisin, car certes le toit de l’autorail est bien « éclairé », mais la cabine reste sombre. Le cadre n’en reste pas moins suffisamment original.

Je reste néanmoins très satisfait de la première prise de vue, le pont, l’autorail, les feuilles mortes… tout y est !

Photo du jour : les feuilles mortes s’envolent entre Masléon et Bujaleuf